Mme Bérangère Thomas, présidente de l’association des Amis de Verlaine lance un appel solennel à défendre la maison où est né Paul Verlaine, à Metz.
Pourquoi? Car la maison où est né Paul Verlaine a été mise en vente.
Même si les visites sont  fermées au public  depuis plus de 10 ans, les curieux peuvent  cependant se rendre au rez-de-chaussée. Le problème qui inquiète l’association aujourd’hui, ce sont les travaux à l’intérieur de la maison dont le portail et la façade ont été classés « zone protégée ». Pour interdire toute modification du lieu, Bérangère Thomas a fait  une demande de surveillance aux Bâtiments de France.
L’association voudrait  faire de cet appartement un lieu de mémoire ouvert aux visiteurs car, même si Verlaine quitte Metz à l’âge de 7 ans, il fait fréquemment allusion à sa ville natale dans ses textes !
« Je suis né à Metz et bien que n’ayant aucune attache de famille en cette ville dont me voici par un hasard de garnison, je revendique d’autant plus ma qualité de Lorrain et de Messin, que la Lorraine et Metz sont plus malheureuses plus douloureuses »
Pour la petite histoire…
Né à Metz le 30 mars 1844, il partira à 7 ans d’une ville qu’il oubliera pendant la majorité de sa vie, avant de ressentir la nostalgie de la vieillesse.
Issu d’une famille de la petite bourgeoisie, avec un père capitaine à Metz, Paul Verlaine est né et a grandi dans une maison qu’on peut encore aujourd’hui admirer près du palais de justice.
Avec l’âge, il en viendra à faire ses études à Paris où il fréquentera cafés et salons littéraires. Avec l’influence de Baudelaire, il devient vite un grand poète.
La fin de sa vie oscillera entre cafés et hôpitaux, mais la reconnaissance de son talent s’accompagnera d’une misère de plus en plus noire.
Il reçoit enfin une pension avec le titre de « prince des poètes », et mourra prématurément, usé, à l’âge de 52 ans… C’est seulement à la fin de sa vie qu’il commencera vraiment à revenir vers sa ville, pour qui il écrira « Ode à Metz » et « souvenirs d’un Messin ».
Et alors il se rappellera de vieux souvenirs, qui se reflètent dans ses oeuvres et dans sa correspondance… Souvenirs d’amourettes d’enfants avec « Mathilde » sur l’esplanade, souvenirs de la cathédrale « si bizarre, un peu folle, avec son unique tour centrale ».
Avec ses fenêtres donnant sur l‘école d’Application de l’Artillerie et du Génie (actuel cercle des officiers) il pouvait voir tous les matins « sortir en cortège équestre les futurs officiers d’armes spéciales ».
Un buste de Paul Verlaine surveille l’université du Saulcy, depuis le boulevard Poincaré sous l’Esplanade. Elle y a été placée en 1924.
Ode à Metz
« O Metz, mon berceau fatidique
Metz violée et plus pudique
Et plus pucelle que jamais !
O ville où riait mon enfance,
O citadelle sans défense
Qu’un chef que la honte devance,
O mère auguste que j’aimais. »






